Recherche

  1. Promouvoir l’interculturel à travers des travaux de recherche, des séminaires/colloques internationaux, vidéos conférences, etc. Réunir et diffuser les travaux marquants réalisés jusqu’ici dans les différents champs de recherche sur l’interculturel, à savoir la littérature, l’histoire, l’anthropologie, la linguistique, la philosophie, la religion, les arts plastiques et la musique.
  2. Mettre en place, grâce à Internet, un réseau de personnes-ressources (universitaires, écrivains, artistes, etc) vivant dans différentes aires culturelles.
  3. Offrir une plateforme aux chercheurs de toutes les aires culturelles pour qu’ils puissent travailler ensemble.
  4. Organiser régulièrement des échanges sur l’interculturel (séminaires de recherche, colloques, conférences vidéo, etc.).
  5. Permettre la dissémination dans les systèmes éducatifs, des éléments d’une véritable éducation interculturelle. Inciter et aider les chercheurs à intégrer les résultats de la recherche dans les programmes pédagogiques à tous les niveaux.
  6. Collaborer avec d’autres institutions ayant des objectifs similaires.

L’interculturalité est à entendre comme un thème de recherche transversal qui recoupe avec quasiment toutes les disciplines des sciences humaines. Voici quelques exemples parmi tant d’autres de questions qui pourraient être étudiées si ce n’est élucidées, dans différents champs de recherche. Dans le domaine des langues, le chercheur peut par exemple examiner les influences réciproques et “entrelacements” qui opèrent entre le parlé et l’écrit… L’historien pourrait s’attacher à déconstruire les récits coloniaux qui opposent les peuples pour en comprendre les mécanismes et mettre au jour la création “rétrospective” de cultures et de civilisations qui occultent les preuves d’hybridité. Dans le domaine des religions et confessions, on étudiera et mettra en évidence les éléments susceptibles de constituer une “culture de paix” en faisant l’impasse sur les préjugés. Le philosophe pourrait quant-à-lui se demander quels sont les courants philosophiques, en particulier extra-européens (Inde, Chine, Perse, Japon, etc.), qui sont souvent occultés dans les manuels scolaires et les médias ? Dans nos sociétés où l’information et la communication occupent un terrain grandissant, le spécialiste se demandera par exemple comment privilégier à la fois l’information et la communication… C’est-à-dire fournir la description d’un fait, d’un événement et de son contexte, tout en prêtant attention à la réception du message qui peut varier selon les individus et les groupes sociaux. En littérature, l’intertextualité entre des œuvres qui proviennent de différentes aires culturelles est le propre de ce type de recherche, tandis que pour les sciences de l’éducation, il peut s’agir d’identifier et de définir les composantes d’une véritable éducation interculturelle dans les différentes formes d’expression artistiques ou encore en philosophie et en histoire des idées.

LES AUTEURS ET ARTISTES 

Martine A.PRETCEILLE est professeur émérite des Universités (Paris 8, Paris 3 Sorbonne Nouvelle et Université Libre de Bruxelles). Elle est aussi professeur associé à New York University. Ses recherches portent sur les impacts de la diversité culturelle sur l`education, la formation, la communication, et l`éthique. Elle a assuré des missions d`expert pour l`UNESCO, l`OCDE et le Conseil de l`Europe. Parmi ses nombreux ouvrages: L`éducation interculturelle (PUF, Que sais-je? 1999, 2004, 2010, 2013), Vers une pédagogie interculturelle, (Anthropos, 1986,2004) Éducation et communication interculturelle, (PUF,1996,2001), Former et éduquer en contexte hétérogène. Pour un humanisme du divers, (Economica / Anthropos, 2006) qui réunit notamment J.C.Ameisen, G.Chapouthier, B.Cyrulnik et É.Glissant.

Issa ASGARALLY a confondé en 2009 la Fondation pour l`Interculturel et la Paix (FIP) avec J.M.G Le Clézio et Sarojini Bissessur- Asgarally. Professeur de linguistique au Mauritius Institute of Education, présentateur depuis 2001 de l`émission littéraire Passerelles à la télévision mauricienne, directeur du magazine des livres Italiques, initiateur et coordinateur du prix littéraire Jean-Fanchette, membre du jury du prix RFO du Livre (2007-2010), il est l`auteur d`une dizaine d`ouvrages dont L`île Maurice des cultures (2006), Des livres & des idées (2010), Comme un roman sans fin & autres textes (2012) et L`Interculturel ou la guerre (2005), qui constitue le manisfeste de la FIP.

Aïcha AYOUB, de triple appartenance tunisienne, allemande et française, est comédienne. Son parcours en lettres modernes, à Tunis et à Paris lui fait découvrir les textes de J.M.G Le Clézio. Ses recherches sur l‘impact du théâtre ritual (indien, japonais et perse) sur le théâtre moderne la guident vers de nouvelles formes d’expression artistiques. Installée au Maroc, elle se consacre entièrement au théâtre et crée, avec Kimberly Jeitz, la compagnie KAKTUS, qui ancre sa recherche artistique dans la rencontre de l’autre.

Tahar Ben Jelloun, né à Fès, est poète, conteur, romancier. Il a notamment publié L’Enfant des  sables, La Nuit sacrée (Prix Goncourt en 1987), Sur ma mère… En 1998 son essai Le Racismexpliqué à ma fille reçoit, entre autres, le prix de la tolérance décerné par le Secrétaire des Nations Unies. Depuis 1973, il n’a cessé de collaborer avec la presse sur les questions liées au monde arabe et musulman, à l’immigration : en France pour Le Monde, en Italie, successivement pour Il corriere della serra, Panorama, La Repubblica, L’Espresso, en Espagne pour El Pais et Lavanguardia, le quotidien de Barcelone, en Suède pour Aftonbladet. Certaines de ses chroniques sont en ligne sur le site où l’écrivain vous souhaite la bienvenue http://www.taharbenjelloun.org/

Mylène BESSON, formée aux arts appliqués, régisseuse de théàtre puis danseuse, explore divers rapports à la creation. Elle commence par développer  un atelier pour enfants et, à partir de 1992, elle enseigne les arts plastiques à l’école d’art de Chambéry. Peintre, elle participle à de nombreuses expositions en France comme l’étranger (Congo, Bulgarie, Maroc, Italie). Elle collabore notamment à des livres d’artistes avec Michel Butor, Fernando Arrabal Pierre Bourgeade.

Chahla CHAFIQ, écrivainne iranienne, (Chemins et Brouillard, recueil de nouvelles paru chez Metropolis, 2005), est l’auteure de Islam politique, sexe genre. À la lumière de l’expérience iranienne (PUF, 2011) (Prix Le Monde de la recherche universitaire), Le nouvel homme islamiste – Les prisons politiques en Iran (Éd. Le Félin, 2002). Depuis 2003, elle est la directrice de l’ADRIC (Agence de Développement des Relations Interculturelles pour la Citoyenneté), association qui oeuvre sur le terrain autour des questions liées à l’ intercultural, aux droits humains et à la citoyenneté. L’ADRIC intervient aussi dans des projets menés au niveau européen.

Philippe d’ IRIBARNE, ancient élève de l’École polytechnique, ingénieur des mines, directeur de recherches au CNRS, analyse les situations concrétes de délocalisation, de fusion, de management interculturel et les coopérations interculturelles. Parmi ses nombreuses publications : La Logique de l’honneur, Vous serez tous des maîtres, Cultures et mondialisation, Le Tiers-monde qui réussit, Penser la diversité du monde, L’Épreuve des différences : L’Expérience d’une entreprise mondiale, Les Immigrés de la République, et récemment, L’Envers du moderne (2012), L’Islam devant la démocratie (2013).

Fabienne DOREY, diplômée en sciences de l’art et en muséologie, directrice des musées d’Avranches (2005-2014), dirige l’École d’arts plastiques de la ville ouverte des cinq continents à Tombouctou, Mali ; directrice déléguée aux programmes au Bureau Océan Indien de l’Agence Universitaire de la Francophonie, Madagascar). Ses recherches portent sur l’internationalisation de la communication et de la culture: circulation des formes culturelles et artitiques, politiques culturelles, industries culturelles et créatives, patrimonialisation, multiculturalisme et diversité culturelle.

Isabelle ROUSEL-GILLET, maître de conférences habilitée à diriger des recherches, étudie le roman des XXᵉ et XXIᵉ siècles, l’esthétique de la relation et le dialogue entre les arts notamment chez les cinéastes Richard Dindo, Laurent Cantet, les écrivains Annie Ernaux, Michel Butor, Jean-Marie Le Clézio (sur lequel elle a écrit deux ouvrages et coordonné cinq collectifs) puis chez Salvador Dali et Maurice Béjart (avec F. Joseph-Lowery, éd. Luca Notari, 2007 et 2010). En 2007, elle crée l’association Le Musoir, support de créations culturelles. Son engagement pédagogique vise à créer des projets interdisciplinaires. Commissaire d’exposition, member du centre de recherche Textes & cultures, elle accompagne les projets d’exposition du Master expographie-muséographie dirigé par Serge Chaumier à l’Université d’Artois.

Jennifer TAKHAR, a complété son doctorat à l’Université de Berkeley et à la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Professeur associé à la chambre de commerce de Paris, CCIP et chercheur associé au Celsa- Paris IV, elle donne des cours sur le marketing interculturel et la publicité, l’éthique d’entreprise et sur L’Inde moderne. Sa recherche principale consiste désormais en un projet de livre sur l’impact de la mondialisation sur la culture indienne.

Bruno THIRCUIR, metteur en scène et directeur artistique, à decouvert le théàtre au Bénin dans les années 1990. Après un passage à l’École du Théàtre National de Chaillot, il fonde la compagnie Entracte en 1994. Il devient  membre de l’équipe de création théâtrale de Chantal Morel puis retrouve en 2001 sa compagnie qui devient La Fabrique des Petites Utopies. Avec son camion-théâtre itinérant et sous chapiteau, il a créé douze spectacles joués dans une quinzaine de pays sur trois continents.

Nadine WANONO est membre du Centre d’Études des Mondes africains, laboratoire du CNRS. Membre du labex Hastec (Histoire et anthropologie des savoirs, des techniques et des  croyances), elle participe à l’axe de réflexion dédié aux techniques du croire. Anthropologue cinéaste, réalisatrice de plusieurs films en pays dogon au Mali, elle consacre ses recherches aux technologies numériques comme support de représentation des données ethnographiques.

“Complex Societies, Complex Schools and Curriculum: Separate is not Equal”, International Review of Education 54,“Civilisational knowledge, interculturalism and citizenship education”, Intercultural Education Journal 19(6), et avec Portera A. “Theoretical Reflections on intercultural education (editorial)”, Intercultural Education Journal 19(6).

Kimberly JEITZ, née au Luxembourg, est comédienne. Diplômée de Théâtre à la Sorbonne de Paris, formée auprès de L’Atelier International de Théâtre (Blanche Salant/ Paul Weaver), avec Christophe Rauck et Martine Pisani, puis au sein du stage international European Act à Paris, Londres et Berlin, elle est membre d’une association d’artistes d’horizons différents à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Actuellement elle travaille sur des projets interculturels.

Alexis NUSELOVICI (NOUSS) est professeur à l’Université d’Aix-Marseille après avoir occupé à Cardiff University la Chair of Modern Cultural Studies, School of European Languages, Translation and Politics. Il a enseigné pendant une quizaine d’années à l’Université de Montréal et a été professeur invité au Brésil, en Turquie, en Espagne et en France. Membre de plusieurs équipes de recherche internationales, il a en outre créé le groupe de recherche montréalais « POEXIL » ainsi que le « Cardiff Research Group on Politics of Translating». Il est directeur du programme de recherche « Non-lieux de l’exil » de la Fondation Maison Des Sciences de l’Homme à Paris et assure le séminaire « L’expérience de l’exil» au Collège d’études mondiales. Ses champs de recherche et de réflexion concernent notamment les esthétiques de la modernité, la littérature du témoinage, les problématiques du métissage, les écritures exiliques et multilingues. Parmi ses ouvrages: Métissages. De Arcimboldo à Zombi ( avec F.Laplantine, Pauvert, 2001), Plaidoyer pour un monde métis, (Textuel, 2005), Paul Celan. Les lieux d’un déplacement, (Éditions Le Bord de l’Eau, 2010). Il est également traducteur et a écrit les livrets de plusieurs opéras. Il prépare la publication d’un essai sur la culture européenne et d’un ouvrage sur la théorie de la traduction.

Julie PEGHINI est anthropologue, maître de conférences à l’Université Paris  8-Vincennes-Saint-Denis. Son travail de thèse, en cours de publication aux éditions Karthala, sur « Les impasses du multiculturalisme à l’Île Maurice», interroge le rapport entre art et politique à l’Île Maurice. Elle a travaillé de 2004 à 2010 dans la coopération artistique et universitaire internationale (assistante de production du Requiem Noir, création chorale franco-sénégalaise, dans le cadre de la commémoration du centenaire de la naissance de L.S. Senghor, Requiem produit à Dakar et en Île-de-France; coordinatrice de l’Université de Riom. Commissaire d’expositions notamment au Musée des manuscrits du Mont Saint-Michel – Scriptorial d’Avranches (Manche) et à l’Espace Visitation de Romans (Drôme), elle privilégie le dialogue entre le patrimoine ancien et l’art contemporain.

Bruno DOUCEY, né dans le Jura, est à la fois écrivain et éditeur. Après avoir dirigé les Éditions Seghers, il a fondé une maison d’éditions vouée à la défense des poésies du monde et aux valeurs militantes qui l’animent. Il est l’auteur d’une œuvre qui mêle l’analyse critique et la poésie, la résistance et le lyrisme, ainsi qu’en témoignent les anthologies de poésis qu’il a publiées aux éditions Gallimard et Seghers (La Poésie engagée, La Poésie lyrique, Je est un autre, Poésies de langue française) ainsi que ses Poèmes au secret ( Le Nouvel Athanor, prix de la SGDL 2007), Agadez ouvrage consacré aux Touareg du Niger (Transbordeurs, 2008) et deux romans parus aux Éditions Actes Sud Junior: Victor Jara, non à la dictature (co-lauréat du Prix des Droits de l’Homme 2009) et Federico Garcia Lorca, non au franquisme (collection « Ceux qui ont dit Non», 2010). En 2010, deux de ses recueils paraissent au Québec : Bien loin des pierres éboulées et la Neuvaine d’amour, ainsi qu’un livre pour enfants illustré par Zaü: Théodore Monod, un savant sous les étoiles. Maître d’œuvre du Livre des déserts (2005), auteur de L’Aventurier du desert (2010), consacré à l’un des pionniers de la photographie de reportage lors de la conquête du Grand Sud algérien la fin du XIXᵉ siècle, il est selon René Depestre « un arpenteur des solaires équipées du sable et du vent». Son recueil, S’il existe un pays, est paru à la fin de l’année 2013 dans sa proper maison d’édition.

Michèle GAZIER est traductrice; elle a aidé à la découverte de la littérature espagnole contemporaine en proposant et traduisant des auteurs jusqu’alors inconnus en France dont Manuel Vazquez Montalban, Juan Marsé et Francisco Umbral. Critique littéraire ( Télérama de 1983-2006), éditrice (créatrice  des éditions des Busclats avec Marie-Claude Char) et écrivain, Michèle Gazier a publié une vingtaine d’ouvrages souvent primés (romans, nouvelles, essais) parmi lesquels: Histoires d’une femme sans histoires, Le Merl bleu, Le Fil de soie, Les Garçons d’en face, La Fille, Nathalie Sarraute, l’après-midi. Elle écrit aussi en collaboration avec des peintres et dessinateurs (Virginia Woolf en bande dessinée avec Bernard Ciccolini). Une de ses dernières anthologies s’intitule Le Goût des mères et son premier récit publié est L’Homme à la canne grise (Seuil, 2012).

Jagdish S.Gundara est professeur émérite à l’Université de Londres, où il enseigne l’éducation interculturelle. Il fut titulaire de la Chaire de l’UNESCO: International Studies and Teacher Education. Il est l’auteur d’articles parus en 2008: «Racism and intercultural issues in Urban Europe», R. Pinxton and E.Preckler (ed.), Racism in Metropolitan Areas, New York, Bergham Books, des actes de colloque portant sur Le verbal et ses rapports avec le non-verbal dans la culture contemporaine, et publié un travail collectif avec l’Université Queen’s de Kingston (Canada) sur Le Renouveau de la parole identitaire. Son activité de recherche actuelle porte essentiellement sur la francophonie et les littéraures migrantes. Parmi ses publications: Assia Djebar: Écrire, Résister, Transgresser (1997), Le Roman gabonais et la symbolique du silence et du bruit, en collaboration avec Liliane Nzé (2007), Etty Hillesum écrivain: écrire avant Auschwitz (2012).

Wassim SOUBRA, pianiste né à Beyrouth en 1956, commence l’étude de la musique sur le Pleyel familial en plein cœur de Beyrouth. Il quitte le Liban pour étudier au Boston Conservatory of Music puis à l’École Normale Supérieure de Musique à Paris. En 2006, il sort l’album «Bach to Beirut» et joue au New Morning, à l’Européen, au Café de la Danse, avec son trio Rhéa. «J’emploie les règles de la composition occidentale pour raconteur une histoire orientale: une histoire chargée d’un vocabulaire oriental qui correspond à ce que j’ai vécu au Liban. J’écris avec une grammaire que j’ai appris à maîtriser, celle de la musique classique – les harmonies, le contrepoint – et les sons de mon enfance». De sa double culture est née une musique qui emploie les règles de la composition classique et les sons orientaux de son enfance et enchante des publics à Londres, Bruxelles, Paris, Lille, Beyrouth, Palerme… En 2014, il crée un opéra en partenariat avec l’Unesco: Opéra d’Orient: Les Jardins d’Adonis.

Et les participants aux tables rondes

Dominique Deslandes, Gérôme Guibert

Sans oublier Yohann Guérin, étudiant en « Ingénierie des échanges interculturels» Institut de la Communication at des Médias à l’Université de la Sorbonne Nouvelle de Paris 3, qui a assuré le secrétariat technique du colloque.